Sur la danse Orientale

La danse orientale est originaire d’Egypte, et non du Maghreb comme le pensent certaines personnes (il s’agit là de danses spécifiques du Maghreb).

Mon cours de danse est axé uniquement sur la danse orientale égyptienne que j’ai étudié depuis 13 années en France, mais également en Egypte et dans de nombreux autres pays.

Il existe différents styles et l’on peut distinguer 4 grandes catégories :

- Les danses de folklore : saïdi (Haute-Egypte), fellahi (paysan), nouba (nubien) etc.
- Les danses populaires : baladi, shaabi
- Les inventions récentes : fusions, tribal, etc.
- Le Raqs Sharki : danse relativement moderne qui est aujourd’hui la plus répandue à travers le monde ; c’est celle que nous allons majoritairement étudier ensemble.

· Raqs Sharki signifie littéralement « danse orientale » en arabe.
Le Sharki est un style récent apparu dans la première moitié du 20e siècle en Egypte. Il a été créé à partir du Baladi traditionnel, qui se danse pieds plats, les pieds et le bas du corps bien ancrés dans le sol; avec de la puissance dans le bassin et des bras près du corps.
Le Sharki se caractérise par une meilleure utilisation de l’espace, des mouvements des bras plus amples, l’utilisation de demi-pointes, d’arabesques, de tours classiques, etc. C’est une danse plus aérienne.

Pour le Baladi, la danseuse porte une robe couvrante mais assez moulante, avec un foulard noué autour des hanches. Au contraire, le Sharki se danse en costume deux-pièces « à paillettes », aujourd’hui représentatif de ce style. Certains de ces costumes sont des merveilles, incrustés de strass Svarowski ou cousus de perles.

En Occident, le Raqs Sharqi, qu’on appelle aujourd’hui « danse orientale » en France, s’est répandu sous le nom erroné et réducteur de « danse du ventre » (bellydance en anglais). En fait, on doit ce cliché aux soldats de Bonaparte : quand ils ont débarqué en Égypte, ils ont découvert les danseuses ghawazi (tziganes) : issus d’une société relativement puritaine, où la nudité était un péché et où l’Église considérait la danse comme une œuvre du démon, ces soldats ont interprété les déhanchements langoureux des danseuses comme des invitations racoleuses de prostituées. C’est cette interprétation et le développement d’une danse orientale « de cabaret » pas toujours de bonne qualité qui sont responsables de cette appellation un peu méprisante de « danse du ventre » ; et aussi de la mauvaise réputation dont la danse orientale souffrait il y a encore quelques années en France.

A partir des années 1990, la danse orientale a commencé à conquérir l’Europe et l’Amérique. En France, elle jouit d’un véritable engouement et a désormais gagné ses lettres de noblesse. Elle mérite amplement sa popularité actuelle, car c’est une danse très gracieuse et expressive, qui permet de laisser parler son corps et sa féminité sur des musiques tantôt langoureuses, tantôt très rythmées.

Les danseuses orientales d’aujourd’hui continuent à se référer aux Egyptiennes de l’âge d’or (1940-1970) : Samia Gamal, Naima Akef, Tahiya Karioka, Soheir Zaki, Nagwa Fouad, Fifi Abdou…
Les stars égyptiennes actuelles sont Dina, Randa Kamel, Dandesh, Aziza, Camelia…
Mais il y a des artistes de renommée internationale dans différents pays du monde : Orit Maftsir en Israël, Saïda en Argentine, Jillina aux Etats-Unis, Mayodi en France…
La danse orientale se caractérise par la souplesse, l’esthétisme et la sensualité des mouvements. Elle a recours à des ondulations, des rotations, des vibrations et des déhanchements.

Le corps est un instrument qui interprète la musique, sur des tempos saccadés comme sur des rythmes envoûtants ou joyeux. C’est une discipline ouverte à toutes quels que soient l’âge, l’origine et la condition physique ; des hommes pratiquent également la danse orientale, mais leur approche est en général un peu différente.

Contrairement à la danse classique, par exemple, la danse orientale n’exige pas une silhouette filiforme ou androgyne ; au contraire, les courbes généreuses donnent à cette danse une dimension sensuelle et féminine supplémentaire.

A la base, la danse orientale est une danse spontanée et improvisée, mais elle est aujourd’hui enseignée de manière académique.